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Faut-il multiplier les boutiques en ligne ?

Le mercredi 15 Février 2012 à 10:00 | 991 lectures | 9 Commentaires

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Vendre en ligne était pour moi, au départ, une façon de démarrer mon activité sans trop de frais. Effectivement, mon envie, au tout début, était d'avoir une petite boutique atelier. Quelle créatrice (créateur) n'a pas rêvé un jour de posséder sa petite boutique ? Mais voilà, cela coûte très cher. Il faut un très bon emplacement qui ne se choisit pas à la légère, dans une ville où il y a du passage, du tourisme.

C'est pourquoi, la plupart commence, comme moi, par vendre sur internet. Il y a aussi des avantages à ce "choix" de vente. Nous pouvons toucher un plus grand nombre de personnes. La grande difficulté est surtout de se faire connaître et de développer sa visibilité de sorte que les gens aillent sur notre boutique pour éventuellement acheter une création.

Pour celles qui n'ont pas la chance d'avoir une boutique en ligne dédiée comme c'est mon cas, il y a les plateformes de vente en ligne de créations faites mains comme Etsy, Dawanda, Alittlemarket, Siandso, Myorigin'art pour les plus connues et d'autres plus petites. Il y en a vraiment beaucoup !

Face à la mode du fait-main et la multiplication des créatrices, un nouveau marché s'est ouvert pour ces vitrines virtuelles. Profitant un maximum de la demande d'être toujours plus visibles des créateurs, de nouvelles plateformes ouvrent de façon très régulière. En tant que créatrices, nous sommes donc visées par ces plateformes. Plus il y aura de créatrices sur leur site, plus il y aura d'argent pour les détenteurs de ces plateformes.

Certaines fonctionnent à la commission, d'autres font payer la "vitrine". C'est bien entendu, normal, que les gens derrière ces plateformes, se paient. Mais aujourd'hui, on nous encourage à ouvrir de plus en plus de petites boutiques virtuelles sur ces différentes plateformes. J'en veux pour preuve de constater que la majorité des créatrices sont sur, au moins, trois plateformes.

Je ne suis pas épargnée. Faire connaître une petite boutique en ligne individuelle qui ouvre, est très difficile lorsque l'on est face à des énormes machines à vendre des créations. J'ai donc moi aussi, ouvert une boutique sur Etsy, afin de proposer mes objets à l'international, sur un site en anglais et après une proposition de leur part, sur HumGum pour participer au lancement des e-shops du site.

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Et c'est de ma propre expérience que découle l'idée de ce billet. J'ai donc, on peut le dire, trois boutiques en ligne. On me démarche de plus en plus pour faire partir des créateurs "sélectionnés" d'une nouvelle plateforme ou même d'une existante à la recherche de nouveaux "clients créateurs". Je mets "sélectionnés" entre parenthèses car lorsque je découvre les autres créations "sélectionnées", je retrouve exactement les mêmes choses que sur des plateformes où les créateurs ne sont pas "sélectionnés". J'ai juste l'impression que l'on s'est moqué de moi.

J'ai l'impression d'être devenue une proie pour ces nouvelles plateformes, leur gagne pain, et je pense, ne pas être la seule. On nous flatte en disant que nous avons été "sélectionnées" mais en réalité, nous ne sommes que des créatrices parmi tant d'autres. On nous vends du rêve, de la visibilité dont nous sommes en recherche continue, mais au final que trouvons nous ?

Sur ces plateformes, la plupart du temps, nous sommes "noyées" dans la masse. Les créatrices professionnelles se retrouvent mises à un pied d'égalité avec les créatrices occasionnelles (voir mon billet Et si c'était à refaire ? ). Alors ensuite, pour nous faire sortir du lot, on nous propose de payer pour être "mis en avant". Certaines plateformes se gavent avec les commissions qu'ils prennent vu ce qu'ils nous offrent.

Je ne pense pas que j'ouvrirais de nouvelles boutiques. Pourquoi ? Parce que déjà, une seule boutique demande beaucoup d'investissement en terme de temps. Je préfère proposer de la qualité plutôt que de la quantité. J'ai déjà du mal à gérer mes trois boutiques en plus de mon temps de création. D'autant qu'au final, je ne suis pas sûre que cela vaille vraiment le coup de les multiplier.

J'ai pu remarquer qu'ouvrir une boutique sur Etsy, cela valait le coup pour ma part. J'ai pu commencé à toucher un public mondial et j'ai déjà pu vendre presque autant que sur L'écharlotte depuis le début. L'écharlotte n'étant pas en anglais, cela est une boutique réellement complémentaire à la mienne. Bien que j'ai eu quelques ventes en France, je ne vise pas un public français.

Je suis plus sceptique sur HumGum qui est, à mon sens, un bon site de découvertes, mais pas la meilleure plateforme pour vendre. Cela me fait une boutique en ligne également en français avec une ergonomie et un design que je n'ai pas choisi. Soyons honnête, mon but est de développer L'écharlotte et pas de la vente sur une autre plateforme.

Selon moi, il vaut mieux s'investir à fond dans une ou deux boutiques en ligne qui vont être tenues à jour, enrichies, améliorées continuellement, plutôt que de multiplier les boutiques pour au final, être complètement débordée et faire une ou deux ventes de plus. Quelle galère de gérer les stocks des créations sur plusieurs plateformes !

Commentaires

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Dorothée

Oui, tu as raison de t'investir à fond dans les boutiques que tu gères déjà !


Je suis tout à fait d'accord avec toi : gérer des boutiques en ligne demande énormément de temps, et il ne suffit pas de copier-coller les descriptions d'articles d'un site à un autre, mais aussi bien souvent de les traduire, de s'adapter à des ergonomies qui diffèrent selon les sites, de gérer des stocks (quoi de pire que de vendre un objet que l'on n'a plus en stock...), de refaire une bannière, des conditions générales de vente, de s'investir dans la communauté du site pour gagner en visibilité... Bon, j'arrête là, je commence à avoir mal à la tête !


En tant que créatrice, il faut aussi sélectionner les sites qui soi-disant nous "sélectionnent" ! La seule fois où l'on m'a démarchée ainsi, forcément flattée (humhum), j'ai ouvert une boutique sur un site qui ne me plaisait pas tant que ça (design laid, pas valorisant pour les créations, mauvaise ergonomie pour les vendeurs et les acheteurs), et j'ai fini par la fermer trois mois après, sans avoir rien vendu et y avoir perdu pas mal de temps...


C'est comme partout, il y a du très bon comme du très mauvais, mais on ne peut pas être partout, alors il faut bien sélectionner ce en quoi on croit et on veut s'investir vraiment !
Après, bien souvent, ce sont les mêmes sites très beaux, connus, et qui marchent bien (pour ne pas citer Etsy ou Dawanda...) qui regroupent le plus de créateurs, donc dans cette situation un peu paradoxale, c'est à nous travailler pour sortir du lot !


En tous cas, je pense que tu as trouvé un très bon compromis pour toucher le public, avec ta boutique personnelle et ton Etsy.
Et en plus, tu abordes des sujets très intéressants (genre que j'aimerais bien être capable d'écrire !) sur ton blog, un complément d'âme indispensable à une boutique de créateur !

fany

Alors comme toi , j'ai 3 boutiques en ligne , et j'ai réalisé des ventes que sur une seule . Pour éviter des ventes -doublons , (je ne fais que des bijoux céramiques uniques) mes 3 boutiques proposent des choses différentes , c'est une gestion énorme !


Beaucoup de visites mais peu de ventes comparativement à un marché artisanal .


Je crois que le toucher est une force de vente dans la céramique, donc internet , c'est difficile à moins de se constituer une clientèle fidèle et c'est long ! Mais on peut pas faire autrement si on n'a pas de dépôt-vente en nombre , ou une boutique digne de ce nom !


Je me retrouve complètement dans ton billet , j'ai la sensation d'être noyée dans la masse !

CarO

Je suis complètement d'accord avec ton billet (d'ailleurs, merci de partager ton expérience, c'est fou comme je me retrouve dans ce que tu expliques !).


De mon côté, j'ai choisi de ne pas être référencée sur ces plates-formes géantes. J'ai préféré travailler avec de petites boutiques en ligne qui sélectionnent une dizaine de créateurs. Elles sont certainement moins fréquentées qu'Etsy & co mais elles s’occupent de gérer les commandes, de faire des photos et d'assurer la comm' de leur site ; finalement comme de vraies boutiques...

heidi

Pour moi il n'y a que etsy qui compte mais quand j'achète des articles de créateurs français je vérifie leurs prix sur dawanda (généralement moins élevés).

julie adore

En tant que community manager de Siandso, j'approuve ta sage décision ! Moi même, je suis sur siandso et etsy :) et il faut les gérer !:)

noune

J'apprécie cet article qui démontre la difficulté de créer sa boutique en ligne. D'un coté des plateformes ou le risque est de se retrouver "noyée dans la masse" des créateurs, mais plus visible sur les moteurs de recherche, et une boutique "maison" qu'il faut créer de A à Z et surtout faire connaître via le référencement (j'ai préféré la seconde option et c'est difficile).

marionromains

Commençant à me projeter dans l'ouverture d'une petite boutique en ligne sur une de ces plateformes, je trouve cet article particulièrement intéressant, pour m'aider à ne pas commettre d'erreurs.

Apolline

Bonjour Charlotte et merci pour ton point de vue, toujours très intéressant. Bonne continuation !

Rémi

Analyse très intéressante :)
Intéressé moi aussi par l'ouverture d'une boutique, pourriez-vous me donner une idée des coûts de l'utilisation de ces services ???
Merci d'avance :)

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